Accouchement césarienne / voie basse

Accouchement par césarienne ou par voie basse?

Accouchement par césarienne ou par voie basse

Césarienne :

Si la césarienne est programmée, le papa  peut y assister par contre si c’est en urgence, ça dépendra du type d’urgence. Pour ma part, le papa a pu m’accompagner. Par contre, dans ces cas, il faut que le papa soit très rapide : ils lui donnent une tenue pour aller au bloc, et il faut qu’il l’enfile fissa, parce qu’ils ne l’attendront pas s’il n’est pas prêt. Si le papa ne souhaite pas assister à la césarienne, bien entendu, c’est encore plus simple, il lui suffit d’attendre qu’on vienne lui annoncer la naissance du bébé !

Voie basse :

Si le papa souhaite assister à l’accouchement, il pourra être à tes côtés jusqu’au bout. Bien sûr, s’il ne veut pas voir des choses qu’il pourrait regretter d’avoir vues, il est possible de demander aux sages-femmes de le prévenir pour qu’il se place correctement. Il est possible également qu’il assiste à une partie de l’accouchement et qu’il s’en aille lorsqu’il considère que c’est « trop » pour lui. Les sages-femmes sauront lui dire à quel moment déguerpir !

Une fois le bébé  est née

                        Accouchement par césarienne ou par voie basse mere bébé

Césarienne :

On te met bébé sur la poitrine, le temps que tu le découvres, et très vite, on te l’enlève pour le nettoyer. Le papa le suivra et toi, tu restes sur le billard, car je te rappelle que tu as le ventre et ton utérus ouverts, et qu’il faut donc refermer tout ça.

Le chirurgien retire le placenta, s’assure qu’il n’y a plus aucun morceau, puis s’attelle à recoudre ton utérus et à refermer. Ça dure assez longtemps, il me semble au moins deux heures. Toi, tu as froid car il fait froid dans les salles d’opération. Tu ne sens quasi aucune partie de ton corps si, comme moi, tu as eu une forte dose d’anesthésiant en urgence. J’avais juste envie de dormir, mais l’anesthésiste veillait à ce que je reste éveillée.

Partie particulièrement gore : j’ai tourné la tête vers la gauche à un moment, et malheureusement, la vitre reflétait tout ce qui se passait derrière le champ. J’ai donc vu la chirurgienne remettre mon utérus dans mon ventre. J’avais l’impression d’être dans Grey’s Anatomy sauf que là, c’était moi la patiente…

Voie basse :

On te met bébé sur la poitrine, le temps que tu le découvres, on le couvre bien, et la chaleur de ton corps le réchauffe très vite. On te le laisse assez longtemps, je ne sais pas combien de temps, mais plus longtemps que pour la césarienne.

On te le reprend pour le nettoyer, mais il est juste à côté de toi, et pendant ce temps, on te demande d’expulser le placenta. Une fois que c’est fait, on te redonne ton bébé, que tu peux de nouveau serrer contre toi. Si tu as eu une épisiotomie ou une déchirure, c’est à ce moment qu’on te recoud, et du coup, ça passe presque inaperçu car tu as ton bébé dans les bras.

Le premier biberon

premier biberon

Césarienne :

Je ne souhaitais pas du tout allaiter pour ma fille aînée, donc c’est le papa qui a donné le premier biberon à notre fille. De toute façon, j’étais toujours au bloc opératoire.

Je ne sais pas comment ça se passe quand on souhaite allaiter. Pour ma part, les sages-femmes n’ont pas été insistantes du tout quand j’ai dit que je ne souhaitais pas allaiter. On m’a donné une pilule pour stopper la montée de lait, et c’était fini (cette pilule n’est plus donnée à présent dans mon hôpital, car elle aurait des effets secondaires graves, mais j’ai l’impression que ça dépend des maternités).

Voie basse :

Pour ma deuxième, j’ai souhaité au moins essayer la tétée d’accueil, même si je savais que je n’allaiterais plus ensuite. L’auxiliaire de puériculture m’a aidée à placer bébé. Tout s’est bien passé. Ça ne m’a pas donné plus envie d’allaiter, même si le moment était sympa.

Du coup, comme j’hésitais plus concernant l’allaitement, le personnel a été un peu plus insistant, me redemandant plusieurs fois si je voulais allaiter ou pas. J’ai dû répéter « non » plusieurs fois avant que les professionnelles arrêtent de me poser la question et me donnent des biberons.

Ça ne m’a pas trop perturbée car c’était mon deuxième enfant, mais si ça avait été pour la première, peut-être que ça m’aurait beaucoup plus déstabilisée et culpabilisée. Je pense que si tu es un peu hésitante, tu te retrouveras dans le même cas que moi, avec du personnel qui semble insister pour que tu allaites.

Le séjour à la maternité

Césarienne :

Comme tu as eu une césarienne, en principe, tu resteras un jour de plus qu’une maman ayant accouché par voie basse, et si c’est ton premier enfant, le personnel sera vraiment aux petits soins avec toi (en tout cas, je l’ai ressenti comme ça). Mais les vingt-quatre heures qui suivent la césarienne ne sont franchement pas une partie de plaisir, je ne vais pas te mentir.

Tu ne pourras pas bouger de ton lit. Tu as subi une intervention chirurgicale lourde, ton corps doit donc s’en remettre. Tu as été anesthésiée, la douleur va se réveiller, t’empêchant donc de te lever. Tu seras sous antalgiques toute la durée de ton séjour. Au début en intraveineuse, puis sous forme de cachet. Je ne suis pas très douillette, mais franchement, n’oublie pas de les prendre, parce que la douleur revient dès que le médicament ne fait plus effet.Image result for Le séjour à la maternité

Prends soin de toi, il faut absolument te reposer pour te remettre le plus vite possible. Certes, tu ne peux pas beaucoup t’occuper de ton bébé, mais dis-toi bien que ce n’est pas parce que pendant vingt-quatre heures, tu ne PEUX pas t’occuper de lui qu’il t’en voudra à vie. Il vaut mieux te remettre pour pouvoir être au top par la suite.

Ayant accouché le soir, les auxiliaires ont gardé ma fille à la nurserie la première nuit. J’ai passé la nuit allongée sur le dos sans pouvoir bouger, avec une sonde urinaire (bah oui, tu ne voudrais pas mouiller les draps pendant la nuit, quand même !), donc effectivement, je ne vois pas comment j’aurais pu m’occuper de ma fille.

La première journée, c’est le papa qui s’est occupé de notre fille : il a appris à changer ses couches, lui donner le bain, la nourrir… Et moi, je regardais. Oui, c’est frustrant. Mais réjouissant aussi de voir le papa si proche de bébé.

La sage-femme va te demander de te lever au bout de vingt-quatre heures. Ne panique pas, elle ne te demande pas la lune, mais il faut te lever pour remettre ton corps en route et l’aider à se rétablir. Tu ne seras pas capable de faire autre chose que de te lever, mais ce sera déjà une grande victoire.

On va t’enlever la sonde urinaire, ce qui veut dire que tu retrouveras les sensations de ton corps : tu vas être capable d’aller aux toilettes bientôt. Une aide-soignante viendra t’aider à prendre ta douche, assise sur un tabouret. Oui, tu te sentiras faible, démunie, presque minable, d’autant que les hormones de grossesse auront disparu. Mais ça va s’améliorer, promis !

Ensuite, la question que la sage-femme te posera régulièrement sera : « Êtes-vous allée à la selle ? » Ça met du temps à revenir après la césarienne, c’est normal, mais elle doit s’assurer que ça revienne avant ton départ de la maternité. Et j’avoue que c’est un peu « perturbant » de ne pas y aller pendant autant de temps !

La sage-femme regardera aussi régulièrement ta cicatrice. Personnellement, j’ai eu des agrafes, mais ça peut aussi être des fils, je crois. Les agrafes, ce sont littéralement des agrafes. Ça fait franchement bizarre d’avoir des agrafes au niveau du pubis, mais bon, a priori, ils savent ce qu’ils font ! La sage-femme va t’en enlever avant ton départ de la maternité, mais pas toutes.

Au bout de deux jours, ça ira déjà beaucoup mieux, tu pourras te lever, prendre ta douche seule, aller aux toilettes, t’occuper de bébé.

Le jour de ton départ, tu seras sans doute étonnée, comme moi, de voir que les autres femmes semblent beaucoup plus en forme que toi : elles marchent, voire elles « courent », alors que toi, tu avances comme une mamie. C’est normal. Tu n’as pas tiré le gros lot pour les suites de couches, voilà tout.

Voie basse :

Sans minimiser les suites de couches d’un accouchement voie basse, j’ai trouvé que c’était vraiment cool !

Si tu as eu une épisiotomie, comme moi, tu auras une petite gêne pour t’asseoir pendant deux jours environ. Après, tout dépend de comment tu cicatrises, mais pour moi, ce n’était franchement pas douloureux, d’autant plus que tu es surtout sur ton lit d’hôpital pendant ces deux premiers jours. La sage-femme vérifiera que tout cicatrise bien, et s’assurera que tu retournes faire tes petites affaires aux toilettes pendant les vingt-quatre heures qui suivront ton accouchement.

Je n’ai pas allaité, donc je ne peux pas te dire comment ça se passe à ce niveau. Par contre, je peux te dire que si tu n’allaites pas, au bout de deux jours, tu auras une montée de lait. Pour moi, ça a été le plus gros désagrément de ce séjour à la maternité. J’ai déjà un bon bonnet D en temps ordinaire, mais alors là, mes seins ont littéralement triplé de volume et sont devenus aussi durs que de la pierre. C’était franchement très douloureux, et c’était très difficile de trouver une position pour dormir. Comme ils ne donnaient plus la pilule pour arrêter la montée de lait, j’ai eu le droit à des compresses imbibées de gel et des blocs de glace pour soulager la douleur. Pas super efficace, mais mieux que rien.

Je me suis occupée tout de suite de ma fille, et elle est restée tout du long à mes côtés, sauf quand elle a dû aller faire sa prise de sang (faite à tous les bébés).

Je te conseille également de bien prendre les antalgiques qu’on te donne, car l’utérus travaille encore, et c’est douloureux quand les médicaments ne font plus effet. J’avais tendance à me sentir vraiment bien, alors j’oubliais de les prendre et du coup, la douleur me prenait par surprise (mais rien à voir avec la douleur post-césarienne).

Je suis sortie un jour plus tôt que ce qu’ils prévoient, parce que j’étais en forme, et aussi parce que c’était mon deuxième enfant : ils savent qu’on a envie de rentrer chez nous plus vite que quand c’est le premier enfant.

Et à ma sortie, j’étais tellement contente de marcher normalement ! J’avais du mal à croire que trois jours plus tôt, je me déplaçais comme une baleine ! Ah oui, d’ailleurs : ne t’attends pas à ce que ton ventre ait repris sa forme initiale. L’utérus prend encore beaucoup de place, donc ton ventre est encore gonflé. Donc, oui, pendant quelques jours, tu auras l’air d’une femme enceinte de 5 mois avec une poussette.

Le retour à la maison

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Césarienne :

Une sage-femme viendra te voir au moins deux fois pour surveiller ta cicatrice et t’enlever les dernières agrafes. Tu es encore faible, donc ne force pas. J’ai le souvenir d’avoir voulu faire une balade dans le parc à côté de chez nous le lendemain de mon retour à la maison… Au bout de 50m, j’avais tellement mal qu’on a dû rebrousser chemin.

Tu auras mal pendant au moins deux semaines. Ce n’est pas une douleur insupportable, mais ça t’empêchera de te déplacer comme d’habitude. Il faut prendre ton mal en patience, profiter de bébé, et ensuite, tu seras de nouveau capable de te balader comme avant. L’un des « avantages » de la césarienne, c’est que tu restes au centre de l’attention aux yeux des professionnels de santé, autant que ton bébé.

Voie basse :

Une sage-femme viendra vérifier ta cicatrice d’épisiotomie si tu en as eu une, ou juste vérifier que ton utérus s’est bien rétracté (tu le verras toi-même, ton ventre aura dégonflé depuis ton retour !), mais globalement, elle va plus s’intéresser à bébé qu’à toi. Toi, tu as accouché, certes, mais bébé vient d’arriver sur Terre, donc tu passes au second plan, c’est ainsi !

Plus tard

Césarienne :

Quand je dis que j’ai eu une césarienne, on me regarde souvent avec compassion : « Ma pauvre, une césarienne, quelle horreur… » Donc, effectivement, dans l’imaginaire collectif, la césarienne, ça reste quand même le scénario catastrophe. Mais si ça doit t’arriver, ne panique pas : ça n’enlève en rien la magie de découvrir ton bébé, et c’est ça l’essentiel, peu importe la façon dont il est né. Je dirais que c’est plutôt l’après-césarienne qui est difficile physiquement.

Voie basse :

L’accouchement par voie basse inspire chez mes interlocuteurs un soulagement (car ils connaissent mon premier accouchement). J’ai trouvé que l’accouchement était intense physiquement, et que l’après était plutôt « facile » –  en tout cas pour moi, ça été le cas. Je crois que la panique qu’on a toutes avant d’accoucher s’envole au moment où on le fait. Nos instincts s’éveillent et on se sent soudainement tout à fait capable de le faire.

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